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Hotel Management

Accor évoque une scission de ses activités

Accor a évoqué une scission de ses activités hôtelières et de services prépayés entraînant un bond de plus de 10% de l’action à la Bourse de Paris en dépit de profits semestriels en baisse de plus de 50%.

Confronté aux effets de la crise de l’hôtellerie, le quatrième groupe mondial du secteur a fait état d’un objectif annuel de résultat avant impôt et élément non récurrents de 400 à 450 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice contre 875 millions l’année précédente et revu en hausse son programme d’économies sur l’année.

« J’ai proposé au conseil (d’administration), qui l’a validé, de mettre à l’étude la pertinence d’une séparation de nos deux métiers pour en faire deux entités autonomes ayant leur propre stratégie et les moyens de leur développement », a déclaré Gilles Pélisson, le P-DG du groupe, lors d’une conférence de présentation des résultats semestriels. Cette initiative, saluée par une hausse de plus de 10% du titre Accor en début de séance à la Bourse de Paris, faisait l’objet de spéculations récurrentes et encore renforcées par l’entrée dans le capital du groupe des fonds d’investissement Eurazeo et Colony Capital qui en détiennent de concert plus de 30% du capital. « L’éventualité de la cotation des entités de manière autonome permettra de donner une valorisation indiscutable aux titres de services sans affecter leur capacité de croissance et d’accélérer la restructuration du pôle hôtellerie dont la valorisation en bénéficiera forcément à terme », estime Natixis Securities dans une note de recherche. Chez Oddo Securities Guillaume Rascoussier estime que « la scission est une bonne façon d’optimiser les services », une activité que l’analyste valorise à 5,2 milliards d’euros soit 15 fois l’Ebit estimé pour 2010.

Gilles Pélisson, qui avait encore démenti en février 2009 tout projet de cession des activités prépayées (tickets restaurants, cartes préchargées, cartes cadeaux) mettant en avant leur moindre cyclicité et leur contribution au financement de l’hôtellerie, s’est employé à justifier ce revirement. « La transformation engagée depuis dans nos deux métiers n’a fait qu’accentuer la spécificité de chacun d’entre eux (…) », a-t-il dit. « La bonne nouvelle, c’est qu’on a créé une taille critique pour chacun d’entre eux et qu’ils sont de plus en plus dans des secteurs très différents (…) et que chacun peut avoir une vrai autonomie », a poursuivi Gilles Pélisson.

Il a ainsi ouvert la perspective d’une scission par cotation séparée des deux activités qui faciliterait la conclusions de partenariats futurs. « En agissant aujourd’hui, les deux entreprises seraient prêtes pour le rebond économique », a poursuivi le P-DG en se donnant six mois pour se prononcer définitivement sur la pertinence ou non d’une telle opération. « Rendez-vous dans six mois pour la présentation des résultats annuels. Nous dirons si la réponse est oui et évoquerons les modalités », a ajouté Gilles Pélisson, tout en précisant que « si le projet voyait le jour, sa réalisation prendrait plusieurs mois. »

En marge d’une conférence de presse, Jacques Stern, le directeur général délégué d’Accor a évoqué un délai de « 9 à 10 mois, voire de 15 mois ».

Vers 16h00 aujourd’hui, l’action Accor gagnait 5,71% à 37 euros. Sur les six premiers mois de l’année, le résultat courant avant impôt d’Accor a accusé un recul de 53,7% (-44,5% en données comparables) à 182 millions d’euros et le résultat brut d’exploitation a chuté de 15,1% (-15,0% en données comparables) à 924 millions. Le résultat net part du groupe ressort en perte de 150 millions d’euros contre un profit de 310 millions pour la période correspondante de 2008 (dont 130 millions de plus values de cession). Il a été impacté notamment par des dépréciations d’actifs pour un montant de 194 millions d’euros et des charges de restructuration pour un montant de 53 millions d’euros.

 Si la pondération plus forte de la clientèle loisirs a permis un redressement de la tendance dans l’hôtellerie pendant l’été, Accor précise dans son communiqué ne pas s’attendre « à une amélioration majeure au second semestre ». En juillet 2009, le revenu par chambre disponible (revpar) a reculé de 12,7% dans l’hôtellerie haut et milieu de gamme et de 8,5% dans l’hôtellerie économique en Europe, contre -19,2% et -9,7% respectivement sur l’ensemble du deuxième trimestre, ajoute le groupe.

Dans les services prépayés, le chiffre d’affaires à périmètre et taux de change constants a augmenté de 0,6% au mois de juillet avec une hausse de 4,4% du chiffre d’affaires opérationnel et une baisse de 21,9% des produits financiers dont Accor relève que le recul amorcé en mai dernier s’est accentué au début du troisième trimestre.

Soulignant l’absence de visibilité sur l’environnement économique encore renforcée par la pandémie de grippe A, Gilles Pélisson a qualifié de prudent l’objectif de résultat fixé pour l’année qui prend en compte le relèvement de 120 à 150 millions du programme de réduction de coûts dans les hôtels filiales. Alors que l’endettement net du groupe atteignait 1.961 millions d’euros à la fin juin (contre 1.072 million à fin décembre), Accor a souligné qu’il dispose de 1,8 milliard d’euros de lignes de crédit confirmées non utilisées et rappelé les deux émissions obligataires d’un montant total de 1,2 milliard d’euros émises au premier semestre auxquelles s’ajoute un placement privé pour un montant de 250 millions.

 

Source:  Reuters

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