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Hotel Management

Hôtel Crillon – une vente un peu difficile

L’Hôtel de Crillon passera-t-il sous pavillon saoudien ? Cela semblait bien parti en début d’année : JJW, société appartenant au cheikh Mohammed Ben Issa al-Jaber, et Starwood Capital, actuel propriétaire du Crillon, avaient signé un accord d’exclusivité de négociations.

Mais l’affaire s’est corsée. D’un côté, Starwood reproche à JJW de n’avoir pas apporté la garantie bancaire qui était convenue. De son côté, JJW estime que Starwood n’a pas respecté l’exclusivité qui fondait l’accord de vente. Le ton est monté et les deux parties ont porté leur différend devant le tribunal de commerce de Paris. Selon l’ordonnance de référé prononcée le 31 juillet, le juge ne donne raison ni à l’un ni à l’autre.

Les premières discussions entre JJW et Starwood Capital remontent à juin 2008. Elles portent alors sur l’achat du restaurant Le Grand Véfour et de huit hôtels du Groupe Concorde Hotels & Resorts, filiale du fonds américain : le Concorde La Fayette, le Concorde Montparnasse, le Lutetia, le Martinez à Cannes, le Palais de la Méditerranée, la Villa Massalia à Marseille, l’Hôtel de la Paix à Genève, le Concorde Berlin. En février, la liste change. Le Grand Véfour ne fait plus partie du lot. En revanche, le Crillon et l’Hôtel du Louvre s’y ajoutent. Au total, la transaction représente 1,5 milliard d’euros mais elle tarde.

Depuis avril, Starwood Capital estime qu’il a les mains libres. Considérant que le mandat d’exclusivité avec le cheikh est caduc. Il charge alors des cabinets de conseil en immobilier (Jones Lang LaSalle, CBRE, Eastdil Secured) de vendre quatre hôtels (le Crillon, le Lutetia, le Martinez, l’Hôtel du Louvre). Les premières offres ont été reçues le 31 juillet. Pourtant, le cheikh estime qu’il est le seul à pouvoir acheter ces hôtels. «Pour nous, l’exclusivité demeure, déclare son avocat, Maurice Lantourne. À la rentrée, nous assignerons en nullité les mandats de ventes passés avec plusieurs cabinets spécialisés. Le tribunal de commerce de Paris vient de reconnaître que Starwood a failli à son obligation d’inscrire l’engagement d’exclusivité dans ses registres. Nous sommes convaincus qu’ils ont violé notre accord.»

Mohamed Al Jaber a malgré tout confirmé, mercredi 5 août, qu’il « poursuivait son projet d’acquisition » du pôle d’hôtellerie de luxe de l’ex-Société du Louvre et rappelé qu’il « bénéficie d’une clause d’exclusivité courant au moins jusqu’au 31 mars 2010 » et qu’il entend faire respecter. Il conteste par ailleurs l’utilisation par Starwood des fonds qu’il a déjà versés.

Ce projet de cession a pris corps au moment où la crise économique a frappé, si bien que ce différend pourrait aussi masquer une mésentente assez banale sur la valorisation des biens à céder. Starwood aurait fait de meilleures affaires en vendant les hôtels séparément et c’est surement de là que vient le problème…

En tout cas, l’incertitude qui plane sur ces ventes pourrait pénaliser les hôtels. Le Crillon a besoin d’un plan de rénovation et le lancement des travaux – fort longs et coûteux – est donc gelé, pour laisser le prochain propriétaire aménager ce palace comme il l’entend.

Affaire à suivre…

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Discussion

Une réflexion sur “Hôtel Crillon – une vente un peu difficile

  1. Un seule certitude, Starwood Capital se frotte les mains, dans un cas comme dans l autre….

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    Publié par JB Martin | 14 août 2009, 19 h 57 mi

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